ASSOCIATION MAROCAINE DE LUTTE CONTRE L'AVORTEMENT CLANDESTIN
الجمعية المغربية لمكافحة الإجهاض السري

 

L’ASSOCIATION   MAROCAINE   DE   LUTTE  CONTRE L’AVORTEMENT   CLANDESTIN  (AMLAC) ORGANISE Le 28 et 29 MAI  2010 A LA BIBLIOTHEQUE  NATIONALE  DU ROYAUME DU MAROC – RABAT UN CONGRES SUR  - LA PROBLEMATIQUE DES  GROSSESSES  NON  DESIREES

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MOT DU PRESIDENT

 

 

 

 

 

Dr chraibi chafik- 
Professeur de gynécologie obstétrique - chef de service, maternité des orangers -C.H.U de Rabat
Président fondateur de la société marocaine des maladies du sein(SMMS)
Président fondateur de l’association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin(AMLAC)
1er vice président de la société royale marocaine de gynécologie obstétrique
 médaille VERMEIL de l’académie française des arts ,sciences et lettres;paris avril 2007

ETAT DES LIEUX

La question de l’avortement reste parmi les sujets les plus sensibles au Maroc, bien qu’il soit pratiqué clandestinement chaque jour.

Au Maroc, le nombre de grossesses non désirées est évalué à un millier par jour et leurs circonstances diverses :

§  Echec ou absence de contraception,

§  Viol,

§  Inceste,

§  Filles mineures,

§  Femmes âgées de plus de 45 ans,

§  Pathologies psychiatriques,

§  Malformations fœtales,

§  Situations sociales dramatiques,

§  Grossesses mettant en jeu la santé, voire la vie de la mère.

Face à cette situation, le Maroc dispose d’un système législatif très restrictif :

Selon l’article 453 du Code pénal, l’avortement n’est autorisé que dans le cas où la mère pourrait souffrir de pathologies maternelles graves. Cet article punit et l’avorteur et l’avortée ainsi que les personnes intermédiaires sauf quand il s’agit de préserver la santé ou la vie de la mère.

L’avortement n’est malheureusement pas autorisé en cas de viol, d’inceste, de femmes qui souffrent de pathologies psychiatriques (retardées mentales qui représentent une proie facile pour des individus sans scrupules) de mineures ou encore en cas de malformations fœtales graves pouvant être létales ou engendrer un lourd handicap psycho moteur à la naissance.

Or, si l'on se réfère à la définition que l'O.M.S, dont le Maroc est membre, on constate que la définition de la santé prend en compte à la fois  l'aspect physique et mental : "la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité".

Résultat de cette situation

On évalue, en effet, à  (600 ou 800) le nombre de cas d’avortement clandestins pratiqués quotidiennement à travers le Maroc.

500 à 600 avortements clandestins par jour sont médicalisés et effectués par des gynécologues, généralistes, chirurgiens, etc. L’acte est très lucratif (1 500 à 10 000 Dh selon la patiente, la durée de la grossesse et le médecin) mais occasionne du stress et risque d’incarcération pour le médecin.

 

150 à 200 avortements clandestins sont effectués chaque jour dans des conditions sanitaires catastrophiques par des infirmières, sages-femmes, kablates, faiseuses d’anges, etc. Le coût est certes moins élevé mais les complications très graves.

Selon l’OMS, 13% de la mortalité maternelle qui reste très élevée au Maroc (de l’ordre de 228 pour 100 000 naissances), est imputé à l’avortement.

Et encore, ces statistiques sont très largement sous-estimées, étant donné l’illégalité de l’acte et le caractère tabou du sujet. Elles ne prennent pas en compte le grand nombre de suicides liés aux grossesses illégitimes. En outre, le mal va parfois bien au-delà de l’avortement. Car quand elles échappent à la mort, bon nombre d’accouchées garderont des séquelles organiques (stérilité, entre autres) et psychiques (dépressions).

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Le seul service de la maternité des Orangers, reçoit quotidiennement des patientes ayant rompu leur poche des eaux  aux alentours de 20 semaines, que faire ?

Laisser poursuivre la grossesse ?

Que sera alors l’avenir de ces jeunes filles : suicide, expulsion de leur famille, prostitution ... ?

Que sera l’avenir de tous ces enfants abandonnés à l’hôpital ou dans la rue ?

Face à cette situation, l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin (AMLAC) créée en 2008  propose quelques pistes de réflexion :

Mettre l’accent sur la prévention

Ø  Mettre l’accent sur la prévention en encourageant une éducation sexuelle au profit des jeunes gens et des jeunes filles au sein de la famille, des établissements scolaires, universitaires et de formation professionnelle, des maisons de jeunes, d’associations de quartier, etc. ou par les médias.

Ø  Il faudrait également faciliter l’accès à des moyens contraceptifs efficaces et pourquoi pas, à la pilule abortive, sous contrôle médical.

Ø  Enfin, il est urgent d’actualiser et d’assouplir la loi sur l’avortement, comme l’ont fait plusieurs pays, dont la Tunisie. Au Maroc, la loi actuelle n’autorise l’avortement qu’en cas de pathologies maternelles graves, pouvant mettre en danger la vie de la mère ou de l’enfant. Il serait judicieux d’étendre cette précaution aux pathologies fœtales et certaines situations sociales. Il faudrait aussi que le législateur permette d’interrompre une grossesse consécutive au viol ou à l’inceste, par exemple. Évidemment, cet assouplissement de la loi sur l’avortement devra être étroitement cadrée et entourée de garde-fous très stricts : les indications d’interruption de grossesse devront être minutieusement définies par un comité d’éthique et, sauf cas exceptionnels, fixées par la loi. En tout état de cause, l’avortement ne devrait pas intervenir au-delà de deux mois de grossesse.

Les conséquences de cet assouplissement de la loi auront sûrement un impact très important :

bullet L’avortement se fera dans de meilleures conditions sanitaires d’où réduction de la mortalité maternelle de 13%,
bullet Le médecin travaillera dans un cadre légal,
bullet La transparence vis-à-vis du monde sera assurée,
bullet Le coût sera moins élevé sur le plan socioéconomique.

 

Les objectifs de l’AMLAC peuvent être résumés comme suit : 

 

§  Briser le tabou en débattant au niveau national du problème de l’avortement 
clandestin et ses nombreuses conséquences, 
§  Sensibiliser le corps médical, les femmes et les jeunes filles, l'opinion publique 
et les média audio-visuels contre les risques liés à l'avortement,
§  Dénoncer aux autorités, en se constituant partie civile, les pratiques barbares 
(sources de  complications tragiques), 
§  Plaider auprès  des responsables politiques afin de proposer au parlement un amendement 
de la loi jugée inadaptée à notre contexte médico-social.
 

Les blocages à l’assouplissement de la loi ne semblent pas être d'ordre religieux. La majorité des religieux contactés y sont favorables et autoriseraient l'avortement jusqu'à 42 jours (la vie n'étant insufflée chez le foetus qu'entre 42 jours et 4 mois de grossesse) en cas de besoin (al haja) et jusqu'à 4 mois en cas de nécessité (addaroura).

En fait, il n'y a pas réellement de blocage, il suffit que les responsables politiques accordent à la question l’importance qui lui revient, travaillent dessus et la solution sera trouvée. L’article 453  du code pénal qui autorise l'avortement pour préserver la santé de la mère, doit simplement préciser que la santé selon l'OMS constitue la santé physique et psychique, donc c'est simplement de l'ijtihad. 

L’AMLAC a d’ores et déjà le soutien de nombreuses personnalités. Son action a beaucoup évolué depuis sa création grâce à la constitution d’un groupe de soutien fait de personnalités très actives dans la société civile.

Précisons enfin que l’AMLAC ne  cherche  nullement à  encourager la liberté des mœurs ni de libéraliser l’avortement mais simplement de donner un cadre légal strict à un phénomène qui existe de fait et engendre des complications et des drames dont la société civile et notamment  les gynécologues  sont témoins au quotidien.

 


     

                           Maternité des orangers 1,rue soekarno –rabat                         Tel/ 0537 202715-0661149494 /E mail; smms92004@yahoo.fr